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Voltes

 

Passages : d’une danse à l’autre

C’est la mémoire tissée par un travail au long cours, que la chorégraphe réinterroge dans Voltes. Un corpus de pure danse, exclusivement composé des solos de la chorégraphe.

création 2001

 

du 06/03/2012

Théâtre Anne de Bretagne / Vannes

Place de Bretagne

Vannes 56000 France (Nord-Ouest)

 

C’est cette mémoire tissée par un travail au long cours, que la chorégraphe réinterroge dans Voltes, sa dernière création. Un corpus de pure danse, exclusivement composé des solos de la chorégraphe. Deux jeunes danseuses de la compagnie, Carole Gomez et Isabelle Kürzi interprètent les plus anciens, tirés entre autres de l’Arbitre des élégances (1986) pièce ineffable mêlant baroque et abstraction ; de L’Ombre du Ciel (1995), chorégraphie soumise aux vibrations telluriques d’une scénographie réalisée par le plasticien Anish Kapoor.

Voltes est construit sur un retournement. Dans un second temps, Catherine Diverrès confronte ce passé et sa traversée dans le corps d’un autre à la réalité de sa danse aujourd’hui. Surgie d’un noir profond, elle apparaît courbée, glissant comme une ombre et débute le bouleversant solo de Stance II, diptyque créé en 1997. Danseuse d’une rare qualité, Catherine Diverrès est entièrement engagée dans la gravité de son mouvement et la profonde musicalité de sa danse. Elle est cette corde étirée d’un corps qui vibre au moindre toucher, évoluant entre la grâce et les ténèbres sur la ligne ténue d’une écriture qui semble ne tenir qu’à un fil.

Irène FIliberti

 

chorégraphies Catherine Diverrès

costumes Cidalia da Costa

lumières Marie-Christine Soma

danseuses Carole Gomes, Isabelle Kürzi, Catherine Diverrès ou Rita Quaglia ou Carole Gomes

composé de

L’arbitre des Elégances 1986 (Isabelle Kürzi)

L’arbitre des Elégances 1986 (Carole Gomes)

Ces poussières 1992 (Isabelle Kürzi)

L’Ombre du ciel 1994 (Carole Gomes)

Concertino 1990 (Isabelle Kürzi)

Corpus 1999 (Carole Gomes)

Instance 1983 (Isabelle Kürzi)

Stance II 1997 (Catherine Diverrès ou Rita Quaglia ou Carole Gomes)

un film de Téo Hernandez

textes de Pier Paolo Pasolini et d’Anna Akhmatova

crédits : Antoine d’Agata, Laurent Philippe, Lee Yanor, Claude Danteny

durée : 50′ 

 

« Voltes » au Triskell

Après 17 ans de création, Catherine Diverrès a décidé de donner 7 de ses danses, des soli, à deux interprètes de la compagnie du Centre Chorégraphique National de Rennes et de Bretagne.(…) « Je n’ai jamais transmis une chorégraphie que j’ai composée pour moi et qui est chargée d’une histoire », affirme Catherine Diverrès. La chorégraphe a maintenant décidé de franchir le pas après avoir compris qu’elle pouvait transmettre, « quelque chose de très intime et de passé incomparable avec le processus de création ». Mais transmettre, ce n’est pas se limiter à indiquer des mouvements qui, « ne reflèteraient que la surface des formes ». Mais c’est aussi se dépouiller, « non sans souffrance de gestes surgis de l’intimité, comme des secrets livrés à cru ».(…)

 

Ouest-France – 01 février 2001

Voltes : l’écume des jours de danse

(…) On est d’emblée saisi par la solitude des solistes qui les nimbe d’une intimité démesurée. Présence et physique dissemblables, les deux interprètes féminines, Carole Gomes et Isabelle Kürzi, habitent chacun de ces fragments avec leur personnalité. Sécheresse cinglante et rondeur lyrique alternent alors dans cette danse furtive et jaillissante. Une danse dont les formes se renouvellent peu, bien que l’on survole une longue période de création. Signe d’authenticité ? D’une posture irréductible qui résiste aux sirènes des modes ?

Comme pour se réapproprier sa danse, Catherine Diverrès reprend ensuite un long solo, Stance II.(…) De mouvements amples, brisés de fléchissements, en voltes vertigineuses aux arêtes vives, elle semble hésiter entre la tentation de l’épanouissement et le repli sur un corps affolé et muet. La fragilité brutale de cette danse, qui exprime et réprime dans le même mouvement, sidère le spectateur, oblige à tendre l’œil pour isoler, distinguer, capturer, ce qui tente d’échapper à notre regard médusé. Au-delà du matériau propre de l’œuvre, s’inscrit, peut-être à l’insu de la chorégraphe, une poignante mise à nu.