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About This Project

San

 

L’hommage et la rencontre

Antonio Pinto Ribeiro, directeur du Culturgest à Lisbonne, propose à Catherine Diverrès de créer une pièce courte en hommage à Oskar Schlemmer.

création 2001

 

Le 04/03/2010

Festival New Territories – Tramway

Glasgow G41 2PE Ecosse

 

Le 16/03/2011

Opéra de Saint-Etienne

Saint-Etienne 42000 France (Sud-Est)

Ballet de l’Opéra de Lyon

 

du 12/04/2011 au 16/04/2011

Le Toboggan

14, av. Jean Macé

04 72 93 30 00

Décines 69152 France (Sud-Est)

Ballet de l’Opéra de Lyon

 

du 15/11/2011 au 15/11/2011

Salle : Théâtre Anne de Bretagne / Vannes

Place de Bretagne

Vannes 56000 France (Nord-Ouest)

 

C’est la première fois que j’accepte une commande et l’exercice périlleux d’un hommage, sachant que la pièce à venir sera bien entendu non un exercice mais une création.

Comment déjouer l’influence mimétique d’un monde plastique si précis, si défini tel que l’a conçu Oskar Schlemmer ?

L’abstraction mécanique des corps d’Oskar Schlemmer, si loin de l’abstraction organique et lyrique qui conduit mon travail me pousse à envisager non pas cette création à partir de l’œuvre de Schlemmer, mais peut être plus proche de l’homme, de son intimité, de sa psychologie. Le déchirement permanent entre son désir de plasticité pure et son goût à la fois ludique, pour les formes grotesques, proches du cabaret, cette légèreté enfantine. Déchirement entre picturalité et mouvement, art de la scène et peinture.

Et puis cet écho de l’Histoire, ces années noires du nazisme et la mise à l’écart d’artistes tels que lui.

Schlemmer, loin des chorégraphes allemands expressionnistes de son époque, était bien précurseur d’une recherche que nous verrons éclore bien plus tard aux Etats-Unis. C’est le temps comme matière qui nous rapproche soudain, plongée dans le temps, mémoire de ces formes antagonistes qui ont traversé cet artiste. Tenter d’être au plus près de cette intimité, alors que nous ne pouvons que l’imaginer, la rêver. Ce projet m’oblige à chercher, à creuser différemment l’espace de représentation, l’espace scénique, et la danse pourrait s’éclipser d’une apparition formelle que je connais pour ouvrir vers un autre état de corps, un autre lieu de mouvement. La restriction de la durée (35mn) appelle déjà une forme haletant entre l’ouverture et la concision. Quoi de plus simple, mystérieux et complexe qu’un haïku ? Peut-être en soubassement est ce vers cette forme que nous tendons ?

Catherine Diverrès, avril 2001

 

chorégraphie Catherine Diverrès

scénographie Laurent Peduzzi

danseurs Julien Fouché, Osman Kassen Khelili, Fabrice Lambert

Avec la participation de Carole Gomes

lumières Marie-Christine Soma

Assistée par Pierre Gaillardot

régie lumières Eric Corlay

costumes Cidalia da Costa

conception sonore Denis Gambiez

régie générale Jean-Luc Briand

crédits : Antoine d’Agata, Alain Dugas

Durée : 40 mn

 

Une production de Culturgest – Lisbonne,

du Théâtre National de Bretagne,

et du Centre Chorégraphique National

de Rennes et de Bretagne.

 

Le Figaro – 26 juillet 2002

 

Hommage à Oscar Schlemmer par Lia Rodrigues et Catherine Diverrès

“Pure beauté”

(…) Catherine Diverrès, crée avec trois danseurs, habillés de noir, une série de haïkus, entre deux écrans de tulle gris d’une surprenante beauté. Images plus surréalistes qu’expressionnistes, aux strictes géométries et gestes carrés, presque mécaniques. Brèves danses d’ombres par trois garçons, avec exceptionnellement deux visions féminines : celle caricaturale d’un travesti évoquant les cabarets allemands des années 30, l’autre d’une suprême élégance montrant Catherine Diverrès moulée dans une longue robe rouge sur un escalier, et jouant d’un éventail rouge… évoquant les formes et couleurs de Schlemmer. Toutes les images de San font tilt : le nageur en apesanteur entre deux eaux, le soudeur allumant un feu d’enfer, ou la scène des trois garçons se jetant des volées de riz. On a rarement vu plus sobre, plus condensé, plus inspiré que cet hommage superbement dansé.

René Sirvin.

 

Le Monde – Juillet 2001

La dialectique du lointain et du proche

(…) La chorégraphe a beau déambuler très loin de chez elle, on retrouve son versant sombre, sa passion pour la politique.(…) Cette tension intime et artistique, Catherine Diverrrès, qui avance en écorchée sur le fil de danse tendu au-dessus du vide, en a fait le cœur du débat.

Contrairement à ses habitudes, elle a d’abord dessiné sur papier les multiples combinaisons géométriques, angles droits, diagonales qui étirent l’action des trois interprètes comme une toile d’araignée. (…) Dans ce piège savamment tissé, la chorégraphe s’est réservée une apparition fugace, spectre au visage blême recueillant les traces d’un fantôme, nommé Oskar Schlemmer.

Rosita Boisseau

 

Le Monde – 27 juillet 2002

Avignon-Danse baisse le rideau sur un hommage brillant à Oskar Schlemmer.

(…) Cette mise en perspective travaille le noir mouvant et l’opacité. On croirait un dessin à la mine de plomb. Tandis que les déplacements des trois danseurs sont inspirés des préceptes du Bauhaus, la dramaturgie empreinte plutôt à l’expressionnisme auquel le mouvement s’opposait, et au surréalisme, qu’il contribua, en partie, à créer.

Tant il est si clair pour Catherine Diverrès qu’il s’agit d’une période féconde mais tragique qu’on ne saurait ni couper de ses racines ni extraire de son contexte.(…)

Dominique Frétard

 

Libération – 10 et 11 novembre 2001

Oskar Schlemmer, comme un regret

Catherine Diverrès n’a pas oublié que géométriser la danse pouvait l’affiner et lui faire retrouver l’allure légère des personnages à ressort de Schlemmer.(…) La création de Diverrès dégage un parfum de nostalgie en faisant rêver d’une époque où les lendemains n’avaient pas encore appris à déchanter.

Hervé Gauville

 

La provence – 27 juillet 2002

Le bel hommage à Schlemmer

(…) L’artiste creuse à la fois les idées d’aplat et de profondeur, entre formes géométriques et lumières d’une précision, d’une maîtrise et d’une beauté infinies. Corps en tension ou sur le fil, mouvements superbes en contrepoint d’une énorme boule métallique qui roule sur le sol avant de s’élever. Le temps se précipite et les gestes des danseurs aussi, appuyés de jets de riz, qui dessinent des figures dans l’air. Tout est sombre jusqu’à l’apparition d’une femme, figure rougeoyante de Flamenco, en toile de fond.

Esthétique et rageuse, cette danse-là dont la géométrie renvoie à Schlemmer tutoie la perfection.

Nedjma Van Egmond