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Ces poussièresCréation 1993Avec Ces poussières, C. Diverrès a cette fois arrimé la chorégraphie au roman du grand Dostoïevski, Crime et châtiment. Dans le basculement d'images révélées par la danse, opèrent en contrepoint les lignes d'un grotesque emprunté aux gravures de Goya.
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| Revue de presse |
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« Nous sommes ces poussières, je crois. Il n'y a pas d'autre « ces poussières » que nous autres, les respirant, les presque rien. Et comme nous tentons d'y être par figure et par volonté désemparée comme nous le tentons quand nous avons encore la force ou plus exactement le courage. Voilà ce qu'interroge, ce que propose Diverrès, sans jamais nous tendre le miroir, une belle manière d'être, une élégance de désespérée, un acte de salubrité, on voudrait pouvoir dire « publique », un acte qui ne cesse de convoquer le malaise qui va avec. L'irritant malaise qui va avec (…) et qui est aussi du malaise de la danse d'aujourd'hui quand elle ne veut plus se nommer : elle devient alors tout le reste, ce qui est essentiel, irréductible à l'un et l'autre à tel ou tel point de vue, et qui accomplit l'un et l'autre dans leur inaccomplissement, dans leur disparition. La danse dédouble, redouble encore, multiplie, isole, donc abstrait. Le théâtre devrait faire la même chose. Diverrès, Montet dansent cette disparition réitérée. Chaque danseur ne finit plus que par danser l'écart, le fragment, la poussière intermédiaire. (…) Je vois alors Ces Poussières comme un nuage stellaire un bloc fluctuant de résistance à l'imbécillité des évidences. Le ciel n'est pas comme nos ancêtres le voyaient, pas un couvercle en béton que Dieu de temps en temps soulèverait, comme ça, pour vérifier que là dedans ça respire encore, mais une fragilité somme toute. Et quelques fois irrespirable. Les autres avaient repris leur train depuis longtemps, la fragilité les concerne peu, l'irrespirable les fait tousser, ceux-là veulent du solide, le monde s'écroule petitement, mais ceux-là veulent du solide encore du béton, c'est assez rassurant en en réalité, ils connaissent le vocabulaire émotionnel de la danse, pas de doute, ils ne glisseraient pas un gramme de ces poussières entre leur rien et leur rien. » |