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SanL'hommage et la rencontrecréation 2001 Antonio Pinto Ribeiro, directeur du Culturgest à Lisbonne, propose à Catherine Diverrès de créer une pièce courte en hommage à Oskar Schlemmer.
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| Fiche technique |
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| Revue de presse |
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C’est la première fois que j’accepte une commande et l’exercice périlleux d’un hommage, sachant que la pièce à venir sera bien entendu non un exercice mais une création. Comment déjouer l’influence mimétique d’un monde plastique si précis, si défini tel que l’a conçu Oskar Schlemmer ? L’abstraction mécanique des corps d’Oskar Schlemmer, si loin de l’abstraction organique et lyrique qui conduit mon travail me pousse à envisager non pas cette création à partir de l’½uvre de Schlemmer, mais peut être plus proche de l’homme, de son intimité, de sa psychologie. Le déchirement permanent entre son désir de plasticité pure et son goût à la fois ludique, pour les formes grotesques, proches du cabaret, cette légèreté enfantine. Déchirement entre picturalité et mouvement, art de la scène et peinture. Et puis cet écho de l’Histoire, ces années noires du nazisme et la mise à l’écart d’artistes tels que lui. Schlemmer, loin des chorégraphes allemands expressionnistes de son époque, était bien précurseur d’une recherche que nous verrons éclore bien plus tard aux Etats-Unis. C’est le temps comme matière qui nous rapproche soudain, plongée dans le temps, mémoire de ces formes antagonistes qui ont traversé cet artiste. Tenter d’être au plus près de cette intimité, alors que nous ne pouvons que l’imaginer, la rêver. Ce projet m’oblige à chercher, à creuser différemment l’espace de représentation, l’espace scénique, et la danse pourrait s’éclipser d’une apparition formelle que je connais pour ouvrir vers un autre état de corps, un autre lieu de mouvement. La restriction de la durée (35mn) appelle déjà une forme haletant entre l’ouverture et la concision. Quoi de plus simple, mystérieux et complexe qu’un haïku ? Peut-être en soubassement est ce vers cette forme que nous tendons ?
Catherine Diverrès, avril 2001 |