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Le printemps

 

Création 1988

« C’est un nocturne en pleine lumière. Une structure en forme de fulguration. Le printemps entre au creux à travers eux. Catherine Diverrès

 

 

«Il existe un printemps inouï éparpillé parmi les saisons et jusque sous les aisselles de la mort. Devenons sa chaleur, nous porterons ses yeux. »

Le Printemps de Catherine Diverrès n’a rien à voir avec un quelconque sacre. A l’instar de ces quelques lignes de Char, citées en exergue, Diverrès traque en sourcière d’émotions, un état de vie où ce qui vient « affleurer » l’être humain a partie liée avec le sentiment de la mort. Cette immanence du sujet, et au-delà, immanence de la danse, n’est certes pas un trait nouveau dans l’oeuvre de Diverrès. Car pour elle, il ne s’agit pas tant d’ouvrir ni d’exposer mais de cerner des forces qui agissent simultanément dans un espace près du corps. Comment cerner, dans la fulgurance d’un mouvement (laquelle fulgurance, loin d’être un jet spontané, requiert une profonde maîtrise de « ce que peut un corps »), une forme agitée du dedans dont le contour doit demeurer imprécis ? Comment atteindre une cible qui serait, à l’exemple de la danse de Montet, tressaillement, bougé, qui-vive ? Face à cet enjeu, autour duquel s’esquisse les chorégraphies, Diverrès a fréquemment opté pour ce que j’appellerais une « stratégie du rôdeur », rôdeur somnambule qui irait, déambulant, à la rencontre des rêves égarés. (…)

Le Printemps comme printemps des corps. Promesse inouïe, érotique, hystérique, d’un corps auquel le monde se révèle. Pleinement. Le Printemps déploie sa lumière lyrique dans une chorégraphie d’une fraîcheur et d’une vigueur intacte, où rien n’est fané. Dans l’exigence de vie qui lie les corps entre eux, circule tantôt une rumeur, tantôt un cri, voix intérieures qui font de la danse une parole insomniaque. Des corps s’élancent, tournoient, se heurtent aux murs, chutent. Forme éblouissantes et incessante d’une beauté neuve et cruelle. Le Printemps de Diverrès est la promesse d’une beauté enfouie, la révélation de cette beauté au prix d’une danse initiatique démesuré, qui dessine et brouille dans un même mouvement les contours des « corps articulés, désarticulés par un souffle ».

Jean-Marc Adolphe, novembre 1988.

 

Chorégraphie : Catherine Diverrès

Danseurs : Luis Ayet, Thierry Bae, Fabienne Compet, Catherine Diverrès, Bernardo Montet, Rita Quaglia, Mitsuyo Uesugi

Scénographie : Gyula Pauer

Régisseur: Sandor Kellay

Lumières : Pierre-Yves Lohier

Régisseur général : Marc Coudraix

Régisseur son : Eiji Nakasawa

Costumes : Cidalia Da Costa, Eva Mark

Cinématographe : Théo Hernandez

Musique : Vincenzo Bellini, Prokoviev, Eiji Nakasawa, musique traditionnelle polonaise.

crédits : Guy Delahaye, Jean-Gros Abadie, Joel Malerba, Geneviève Stephenson

Durée : 1h30′

 

De loin en loin : Schulz, Le printemps, in La Clepsydre.

Prix d’interprétation à Rita Quaglia au concours Chorégraphique International de Bagnolet.