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L’arbitre des élégances

 

Création 1986

Rapport vivant à la vieillesse : «les légendes de Franz Hals. La danse originaire de la pensée, fluide. Fermeté de la Décomposition.» Catherine Diverrès

 

L’Arbitre des élégances ou, du désert dans le baroque.

«Quelle violence chez cette jeune femme d’apparence si convenable et si réservée. On n’ira pas jusqu’à dire que les courses et les chutes dont elle fait un large usage constituent une nouveauté dans la danse contemporaine, mais les courses sont ici stoppées net, comme par quelque terreur, et les chutes carrément suicidaires.

L’atmosphère dramatique qui règne est décuplée par celle du Château de Barbe Bleue de Bartok, (que suivront, émises par des disques qui déraillent, des pages de Bach et de Schubert, puis des fracas de train et d’usine). Nadj, revenu pour l’occasion danser chez Diverrès, semble nourrir le dessein d’étrangler sa partenaire. Un forcené parcours des diagonales en faisant s’entrechoquer deux épées. Montet, toujours sidérante pile d’énergie, se livre, yeux exorbités, à de furieux sauts, gestes saccadés et roulades au sol. Des textes pas vraiment gais de Müller et de Wietkiewitcz sont hurlés. Bien que les 6 personnages puissent entrer et sortir, on songe à quelques huis clos. A moins que les 6 ne soient en quête d’auteur ? « Le désert est à l’extrême, comme vide mental, comme mort de l’intention, Saïs devant l’image dévoilée s’effondre, le feu de la quête se trouve noyé. Nous cherchons le Sabi, c’est-à-dire l’émotion que procure la rencontre entre ce qui se transforme et ce qui reste le même. » (…).

A la fin, le climat change brusquement : disposé autour d’une table et d’un compotier de pommes, en groupe inspiré de quelque tableau flamand du dix-septième siècle, en amples robes noires, collerettes et bonnets blancs (de nonnes ?), le sextuor nous regarde et fait des mines. Celles, irrésistibles de Nadj, on ne soupçonnait pas ce génie comique au ténébreux auteur des Sept Peaux de Rhinocéros, achèvent sur des sourires cette pièce, à nos yeux la meilleure depuis Instance »

Sylvie de Nussac, Le Monde, 31 juillet 1991.

 

Création au Festival Sigma de Bordeaux (le 8 novembre 1986, repris en août 1991 au Gymnaste Aubanel pour le Festival d’avignon.

 

Chorégraphie : Catherine Diverrès

Danseurs : Thierry Bae, Catherine Diverrès, Bernardo Montet, Marion Mortureux, Joseph Nadj

Comédien : Alain Rigout

Musiques : Bach, Bartok, Schubert

Scénographie : Jean yves Bouchicot, Catherine Diverrès, goury

Costumes : Manon Martin, Goury, Chantal Rader

crédits : Claude Danteny, Anne Nordmann

Durée : 1h20′

 

Textes : Avis de décès, Hamlet-machine, Heiner Müller, trad. Jean Jourdheuil, Heinz Scharzinger, ed. de minuit. Tumeur cervykale in Théâtre complet, V, Witkiewicz, trad. Alain Van Crugten, ed. L’âge d’homme.

 

Coproduction : CAC Orléans.

Participation de CNDC d’Angers. American Center. Théâtre de la Bastille. CAC de Sceaux . Studio du Moulin de la Pointe.

 

Reprise : 1991 au Festival d’Avignon.